CHANTAGE A LA CORRECTIONNALISATION : QUAND LA JUSTICE ACHÈVE LES FEMMES VICTIMES DE VIOL

Le 30 janvier 2014, sur nos conseils, Mme P. refuse1 la correctionnalisation des viols commis par son ex-mari à son encontre

Le 19 mars 2015, le juge d’instruction rend une ordonnance de correctionnalisation et de renvoi devant le Tribunal correctionnel

Que s’est-il donc passé entre temps ?

Depuis le début de l’année 2014, Prendre Le Droit intervient auprès de Mme P., victime pendant 22 ans de violences sexuelles, physiques et psychologiques commises par son mari. Elle a déposé plainte contre lui en 2011 pour viols et au moment où nous la rencontrons, l’instruction touche à sa fin après des aveux partiels du mari durant la confrontation.

L’intervention de Prendre Le Droit

Elle fait appel à nous car son avocate la harcèle depuis plusieurs semaines pour qu’elle accepte que sa procédure soit correctionnalisée, c’est à dire que son mari ne soit pas jugé par une Cour d’assises mais par un Tribunal correctionnel. Par un tour de passe-passe juridique, les viols, des crimes, seraient ainsi transformés en agressions sexuelles, donc en délits.

Mme P. ne parvenait pas à s’opposer franchement à son avocate sur ce point, cette dernière lui assénant qu’elle éviterait ainsi les Assises qui seraient une épreuve dure pour elle, qu’elle aurait plus de chance d’obtenir une condamnation du Tribunal correctionnel composé de juges professionnels et qu’il serait difficile de faire comprendre à des jurés (au peuple !) les ressorts du viol conjugal, encore « tabou » dans notre société. En quelque sorte, les arguments classiques en faveur de la correctionnalisation des viols.

Nous l’avons reçue en urgence. (suite…)

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FÉMINISTES CONTRE LE VIOLARCAT

Attendu que les hommes ont fondé et perpétuent leur pouvoir sur les femmes et les lesbiennes par les viol[s]* et la peur des viol[s]* ;

Qu’ils soient maris, pères, frères, oncles, grands pères, cousins, amis de la famille, beaux-pères, les hommes agressent d’abord sexuellement les enfants au sein de leur famille ;

Qu’ils soient chefs d’Etat, agriculteurs, journalistes, chômeurs, médecins, fonctionnaires, hommes politiques, artisans, directeur du FMI, ouvriers, avocats, militaires, curés, pompiers, artistes, magistrats, commerçants ou policiers ; quelque soit leur classe sociale, leur nationalité, leur âge, les hommes noues violent en toute impunité ;

Attendu qu’ils noues violent sans distinction.

Que noues soyons minces, poilues, allumeuses, jeunes, en pantalon, ceintures noires de karaté, discrètes, intellos, grosses, en jupe, rasées, vieilles, mères, handicapées, blanches, riches, noires, lesbiennes, voilées, mineures, mariées, pauvres, non-voilées, hétéros, prostituées, sans-papières…

Que noues soyons élues de la République, agricultrices, journalistes, chômeuses, médecins, fonctionnaires, femmes politiques, artisanes, ouvrières, avocates, militaires, religieuses, pompières, artistes, magistrates, commerçantes ou policières, noues sommes violées dans un silence assourdissant ;

Attendu qu’ils font le droit qui garantit leur impunité et notre silence, [RE]PRENONS-LE

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